« J. J. A. » naît au printemps de l’année 1976. Année qui voit la création du RPR, les jeux de 20heures, les J.O. de Montreal et un séisme qui fait 250000 morts en Chine.
Ce fût un accouchement difficile et très long car ce n’était pas un gros bébé, mais un très grand bébé, en effet sa tête est sortie à 18h et ses pieds seulement 10 minutes plus tard. Quant on a voulu le rentrer dans la couveuse, il a fallut le plier en deux.
Couveuse qui, quelques instants plus tard tomba en panne. On avait pas encore compris que quand « J. » s’approche d’un matériel, y’a des chances que le dit matériel tombe en panne à ce moment là.
Son père n’a pas beaucoup fêté sa naissance car l’esprit n’était pas à la fête, en effet Saint Etienne venait de perdre en finale de la coupe d’Europe une semaine auparavant à cause d’un « putain de poteau carré ».
Après quelques temps dans le quartier des eaux Claires, « J. » et sa famille s’installent à la Villeneuve où il va fréquenter ses camarades de l’école des Fresnes dont la plupart y sont toujours à Fresnes mais à la maison d’arrêt !
A 6ans c’est l’expatriation en direction de la Côte. Oooh pas la côte ouest des Etats-Unis, ni même la Côte d’Azur, non la Côte Saint André !
Mais aux tumultes de la Côte Saint André et de ses 5000 habitants, ses parents préfèrent pour sa santé s’installer à Brézin, petit village de 1200 habitants dont 900 du troisième age. Pourquoi ce village reculé ? Pour préserver la santé fragile du « J. » qui nous fait une rhinopharyngite par semaine. C’est pour ça que deux ans plus tard il est décidé de trouver un coin encore plus calme. Si, si, c’est possible ! Ce sera Saint Pierre de Bressieux et ses 500 habitants.
Saint Pierre de Bressieux est un charmant petit village rural où il fait bon vivre. Son école avec classe de maternelle et primaire et les services périscolaires cantine et garderie. Sa salle polyvalente, un commerce, bar-tabac-journaux-dépôt de pain et gaz, permet de maintenir au village une activité commerciale très appréciée.
En 1987, c’est le choc, il entre au collège à Saint Siméon de Bressieux, et quoi de mieux pour un adorateur de l’académie des 9 de vivre 8 heures par jours à Saint Sim. Sim, son idole dont il a tapissé sa chambre avec ses posters. Mais ce sera aussi l’année du malentendu car il entre au collège M. Mariotte mais il comprend collège Marmotte. Lui qui aurait voulu naître un 2 février car son papa le réveil tous les matins par un « Debout les campeurs et haut les cœurs ! C’est le jour de la marmotte ! »
Mais non ! Marcel Mariotte c’est un résistant célèbre car c’est lui qui a inspiré le rôle de Pierre Mondy dans la série de la « 7ème compagnie » !
Il est mobilisé comme infirmier au secteur III de l’armée secrète des Chambarands. En 1943, le secteur III a perdu tous ces chefs, Marcel Mariotte est nommé comme chef !
Et comme il aime à nager au lac de Chambarands, ses amis disent de lui « il nage bien le chef ». Il sauva une compagnie de résistant du ténia en les forçant à manger comme lui, du saucisson à l’ail ! En mémoire, on posa une plaque sur le collège.
A Saint Pierre, la vie est belle. Il aime à faire le tour du village avec ses copains avant de rentrer chez lui. Faut dire que le tour du village, il le fait forcément pour rentrer de l’arrêt de bus. En passant, il va regarder des heures entières la vitrine du seul commerce du village. Là il va découvrir ses premiers émois de garçon et en rentrant il ne pense plus qu’à elle, comme tous les hommes du village, la « Marie-Jo ». C’est aussi ses débuts dans le sport de compétition, naturellement un sport s’impose à cet enfant « long comme un jour sans pain » : le basket.
Lui qui n’a pas besoin de ballon pour s’entraîner. A la maison il fait des dribles avec des boîtes de conserves vides, il va trouver très vite sa place dans l’équipe 1 de Saint Pierre… le banc ! il quittera le club sous les applaudissements des dirigeants qui pourront enfin donner son maillot à un autre…
En 1991, il entre au Lycée Hector Berlioz et là il décide de faire comme Hector Berlioz quant il sera grand !!!
Non pas de la musique, « J. » est même dispensé de triangle à l’école car il a le rythme à côté de la peau. Non, il fera comme Hector Berlioz : il foutra le camp de ce bled !
Ce sera chose faite en 1994. Il s’installe chez sa mémé pour la semaine.
Ha, la vie, la vraie. Une ville avec des gens dans la rue même après 18h ! Des vitrines de Marie-Jo par centaines, Grenoble.
Il y aura aussi Lyon où il ira traîner pour voir. Il y croisera un autre expatrié « L. » qui lui a des posters de Haroun Tazief dans sa chambre et rêve d’un boulot dans un coin cool. Grâce à « J. », ce sera chose faite quelques années plus tard. Il lui trouve une place chez les bibs de Clermont et « L. » aura cette phrase mythique « Allizond, allons-y ! ».
« J. » ne restera pas à lyon. Non c’est l’appel du drapeau. En bon grenoblois, il intègre les troupes de montagne le temps de ses classes. Très vite, ses qualités athlétiques sont repérées par un adjudant qui le veut dans son commando. Il le détache dans une unité, il a un surnom dans le groupe et Varces en tremble encore : « BOUCHER ! »… Lui qui dès sa plus tendre enfance minait les galeries de taupes avec de l’explosif, va servir son pays avec zèle et sang froid et le secret défense ne lui permet pas de s’étendre surs es faits d’armes.
Mais il sait que son destin est ailleurs car il rêve depuis tout petit à un métier, mais pour y arriver le chemin est dur. Il va remplir des milliers de sacs de graines à oiseaux pour lapins pour enfin accéder un matin par un coup de fil à son rêve : il va monter dans un camion poubelle ! Lui qui, tout petit regardait passait l’engin devant la maison familiale en courant tous les jours pairs sauf le samedi, le dimanche et les jours fériés au portail dès 6h30 du matin. Il faisait des croix sur son calendrier pour ne pas louper le rendez-vous de l’attraction municipale.
Mais ne c’est qu’un remplacement. En attendant sa titularisation au poste, il devra se contenter de faire des gaufres en sable le week-end à Crolles. Ce n’est pas un truc qui lui plait, d’ailleurs il cherche du sable ailleurs. En ce moment, c’est le Maroc où il s’amuse à faire du chameau et où il trouve du bon sable bien fin qui rentre partout, même aux endroits qu’on croirait pas qu’il rentre !